GRIPPE A/H1N1 : L’IMPREVISIBILITE DU VIRUS inquiète l’OMS


"Que va faire le virus, nous ne le savons pas" a déclaré le 24 juillet à la presse, Gregory Hartl (photo ci-contre), porte-parole de l'OMS. La diffusion du virus A(H1N1) de la grippe porcine a touché au 24 juillet 160 des 193 Etats membres de l’OMS. Avec 800 décès dans le monde, plusieurs centaines de milliers de personnes contaminées, un vaccin en préparation pour l’automne, la principale crainte de l’OMS reste la mutation du virus. 

 

 

Un virus contagieux, à caractère majoritairement bénin :

Le nouveau virus A(H1N1) s’est répandu très rapidement en moins de six semaines et, en 4 mois, il diffuse sur la quasi-totalité de la planète. Il se répand plus rapidement que le virus A/H5N1 qui avait mis plus de 6 mois pour se diffuser dans le monde. Les 100.000 nouveaux malades au Royaume Uni, déclarés en l’espace d’une seule semaine au Royaume Uni ont ainsi conduit le Service de santé publique britannique à lancer le 23 juillet une alerte à la population. Même réaction en Corée durant la semaine dernière devant la flambée de l’infection. Désorganisation en Argentine où, aux yeux de la population, les autorités sanitaires semblent dépassées. Lorsque l’OMS annonce environ 800 décès, l’ECDC (European Centre for Disease prevention and Control) publie un rapport (le 23 juillet) annonçant 843 décès et 143.000 cas identifiés, en précisant que ces chiffres sont sous-estimés (Lire (1)).

 

Mais un virus plus virulent que le virus de la grippe saisonnière, selon 2 études menées sur l’animal, aux Etats-Unis et aux Pays Bas publiées dans la Revue Science et mises en ligne début juillet qui concluent à une virulence bien plus importante du virus A/H1N1 et expliquent l’apparition de cas sévères à complications et confirment l’utilité de ce type de tests en cas de mutation du virus.

 

Une mutation vers une forme plus dangereuse, reste la crainte de l’OMS (lire (2)): "Nous devons savoir qu'il peut y avoir des changements et être prêts à cela", a précisé le porte parole de l’OMS. Car la grippe se distingue d’abord par la très grande variabilité de ses virus et selon les années, ces mutations peuvent être estimées mineures ou non : c’est le glissement antigénique, qui favorise le retour chaque saison (fin d’automne) d’une formule virale ayant déjà sévi par le passé (récent ou plus ancien) et contre laquelle une grande partie de la population d’un certain âge possède des anticorps résiduels… mais à laquelle on conseille cependant la vaccination. Ce glissement antigénique pourrait aller jusqu’à la mutation totale.

 

Un vaccin plus tardif que prévu : « Les premières doses de vaccin devraient être disponibles " a  confirmé à nouveau le porte parole de l’OMS, mais l’un des laboratoires du vaccin, Sanofi Pasteur a annoncé 4 à 6 mois de délai pour la disponibilité des premières doses et seules 4 maquettes de vaccin sont encore à l’étude à l’EMEA ( Agence européenne du médicament). "Les essais cliniques viennent de commencer dans quelques pays » a expliqué Gregory Hartl.

 

La principale inconnue reste donc « l’imprévisibilité » du virus, qu’avait déjà soulignée le Dr. Margaret Chan lors de ses différentes interventions pour l’OMS. " Que va faire le virus ? Nous ne le savons pas", a rappelé Gregory Hartl.

 

Source : OMS, mise en ligne Maurice Chevrier, Santé log, le 24 juillet 2009